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Le CRM à l'ère de l'IA : données, stratégie et nouveau marketing axé sur l'intelligence

Le marché numérique traverse une sorte de crise collective. Pendant des années, la recette de la croissance semblait simple : investir massivement dans les médias performants, acheter des packs médias en gros et attendre que les algorithmes des grandes plateformes opèrent la magie de la conversion. Cependant, face à l’explosion des coûts d’acquisition client (CAC) et à la fragmentation des comportements des consommateurs, le marché redécouvre une vieille vérité : posséder des données ne signifie pas posséder de l’intelligence.
Skycast, 7 min de lecture. Par : Skyone

Le marché numérique traverse une sorte de crise collective. Pendant des années, la recette de la croissance semblait simple : investir massivement dans les médias performants, acheter des packs médias en gros et attendre que les algorithmes des grandes plateformes opèrent le miracle de la conversion. Cependant, face à l’explosion des coûts d’acquisition client (CAC) et à la fragmentation des comportements des consommateurs, le marché redécouvre une vieille vérité : posséder des données ne signifie pas posséder de l’intelligence.

Dans un récent épisode du Builders, les experts Denys Fehr, fondateur et PDG de Just a Little Data , et Vinicius Ramos, directeur de la veille stratégique, ont mené une discussion approfondie sur l'évolution de la gestion de la relation client (CRM) et sur la façon dont l'intelligence artificielle redéfinit les règles du jeu.

Si votre entreprise considère encore le CRM comme un simple logiciel ou un tableur pour enregistrer les ventes, vous perdez de l'argent. Nous analysons ci-dessous les principaux enseignements de ce débat qui façonne l'avenir du marketing axé sur les données.

1. Le retour triomphal du CRM : des masses au contexte

Le CRM a connu des cycles bien distincts sur le marché des entreprises. Il y a vingt ans, les grandes banques, les compagnies d'assurance et les entreprises de télécommunications l'utilisaient comme pilier central de leurs stratégies de vente. Avec l'essor de Facebook et Google, l'accent a été mis de façon radicale sur l'achat d'espaces publicitaires de masse.

l'a expliqué Denys Fehr lors de la table ronde :

« La gestion de la relation client (CRM) retrouve une place prépondérante, avec un volume de données bien plus important que les seules données transactionnelles d'auparavant. Aujourd'hui, on parle à la fois de données transactionnelles et non transactionnelles. »

Ce retour au premier plan s'explique par la saturation du consommateur par les messages de masse. Le changement majeur aujourd'hui réside dans la compréhension que la GRC n'est pas un simple logiciel auquel on s'abonne, mais une stratégie relationnelle. L'accent doit être mis sur le « R » de l'acronyme (Relation). Parfois, la cible de votre stratégie n'est même plus votre client actuel, mais plutôt un consommateur qui influence les décisions d'achat futures.

2. Le piège du volume de données et le rôle de l'ingénierie

Nous vivons à une époque où identifier les utilisateurs est théoriquement devenu plus facile. Nous connaissons leurs noms, adresses électroniques, habitudes de navigation et historiques d'achats. Mais, paradoxalement, cette surcharge d'informations est devenue l'un des plus grands défis opérationnels pour les entreprises.

Vinicius Ramos a mis en garde contre les dangers de la collecte de données sans filtre commercial clair :

« Compte tenu du volume important d'informations dont nous disposons, je dois clairement identifier les informations qui sont réellement importantes pour moi, celles qui sont en lien direct avec le résultat commercial que je recherche. Un excès de données peut se révéler un véritable piège. »

Avant d'envisager la mise en œuvre d'une intelligence artificielle générative sophistiquée dans votre stratégie marketing, il est essentiel de maîtriser les fondamentaux. Nombre d'organisations commettent l'erreur d'investir dans des tableaux de bord à l'esthétique irréprochable qui, en réalité, masquent des feuilles de calcul désorganisées et des sources de données mal structurées.

L'IA agit comme un accélérateur : si on lui fournit des données de mauvaise qualité, elle générera des erreurs plus rapidement et à plus grande échelle. L'architecture, l'ingénierie et la validation (qualité des données) sont des prérequis indispensables à toute automatisation intelligente.

3. Stratégies « Toujours actives » : Récence, Fréquence et Valeur (RFV)

L'un des points les plus critiques abordés dans le podcast concernait la dégradation des bases de données. Les informations d'enregistrement évoluent constamment : mariages, déménagements, changements d'emploi ou modifications des habitudes de consommation. Dans le contexte B2B (Business to Business), ce problème est encore plus marqué, les professionnels changeant fréquemment de poste et d'entreprise.

Par conséquent, les processus de nettoyage et de mise à jour des données ne peuvent pas être des campagnes ponctuelles de fin d'année ; ils doivent être structurés selon un permanent (continu).

la modélisation RFV (Récence, Fréquence et Valeur) demeure une méthodologie essentielle. Elle permet de regrouper les clients selon des cartographies stratégiques claires :

  • Au sommet de la pyramide : les clients les plus fidèles et réguliers. Selon votre modèle économique, la stratégie change radicalement. Dans les secteurs à cycles longs (comme l'automobile), il faut choyer ce client pour garantir sa fidélité et ses futurs achats. Sur le marché du jeu vidéo (comme un utilisateur assidu de Candy Crush), le comportement est déjà acquis, ce qui permet à l'entreprise de concentrer ses efforts sur la reconquête de la base de la pyramide.
  • Potentiel de croissance : clients qui ont généré de la valeur mais qui nécessitent des actions spécifiques pour augmenter la valeur vie client (LTV).
  • À risque : les consommateurs montrant des signes d’abandon et nécessitant une intervention immédiate pour éviter le désabonnement.

4. La fin du mythe du « dernier clic » et des modèles d’attribution

Le débat a également soulevé une controverse classique du marketing digital : la dépendance aveugle au modèle d’attribution au dernier clic . Attribuer l’intégralité du mérite d’une vente au dernier canal sur lequel le client a cliqué revient à ignorer complètement la complexité du parcours d’achat humain.

Avant d'effectuer une recherche sur Google et de procéder à un achat, le consommateur a peut-être vu un panneau d'affichage, lu un article de blog, visionné du contenu sur les réseaux sociaux ou reçu un message via WhatsApp.

Le fondateur et PDG de Just a Little Data a illustré ce scénario par une expérience pratique au sein d'un service d'analyse des performances bancaires :

« Si je vendais des assurances voyage… le dernier clic fonctionnait très bien, car le contexte était idéal… Maintenant, je veux vendre des assurances B2B. On a commencé à discuter… et là, catastrophe ! Des clics à gogo, aucune conversion. Quel était le modèle d’attribution ? Le dernier clic. Tant pis, les performances sont catastrophiques… Pourtant, ils battaient des records de vente parce qu’on avait un impact sur le client, on suscitait son intérêt, et il appelait le responsable du magasin. »

Denys Fehr

Lorsqu'ils ont suspendu leurs campagnes numériques à titre expérimental, les ventes en magasin se sont effondrées. La leçon est claire : le modèle d'attribution doit refléter la nature de votre activité. Les décisions d'achat complexes exigent des modèles multi-pondérés qui prennent en compte le rôle de chaque canal dans la construction de la valeur de la marque.

Conclusion

L'environnement technique continue d'étendre ses frontières. Alors que par le passé, la principale préoccupation des analystes était l'optimisation des pages pour les mots-clés traditionnels (SEO), le contexte actuel exige une attention particulière au GEO (Generative Engine Optimization) — une optimisation permettant à votre marque d'être trouvée et recommandée par des outils conversationnels tels que ChatGPT et Gemini.

Pour réussir dans cette nouvelle ère, votre entreprise n'a pas besoin de davantage d'outils cloisonnés ; elle a besoin d'une architecture de données unifiée et d'une stratégie relationnelle solide qui place le client au centre.

Vous voulez voir le débat dans son intégralité ?

Cet article n'a présenté qu'une infime partie des précieux enseignements tirés des discussions des plus grands experts en données du marché. Pour comprendre les rouages ​​de ces stratégies, découvrir des études de cas concrètes et saisir les astuces qui génèrent des gains de productivité significatifs, ne manquez pas l'épisode complet !

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Écrit par Skyone

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